F.BARDOT trace une voie

Publié le par Rabelais

Nous ne pouvons qu'adhérer a l'analyse juste de notre F.F.BARDOT qui toutefois  accorde confiance à tous au nom de la fraternité. Mais il faudra impérativement nous   prémunir contre une possible récidive des dérives actuelles, éviter l'angélisme et l'exaltation de la reconstruction. L'homme F.M. ou pas reste l'homme, les hypocrites et les ambitieux sont encore là. Notre réalisation spirituelle doit, sans aucun doute, demeurer le souci primordial de chacun d'entre nous, seul motif valable de notre appartenance à une G.L.N.F. guidée par la règle en 12 points et non par un gourou ou ses comparses qui nous ont montré EUX que leurs seuls motivations étaient l'apparence et les privilèges matériels voir financiers.

Mais si nous vivons une crise parfaitement décrite ayons bien conscience qu'elle est le résultat de notre manque de vigilance passée.

 

Donc gardons force et conviction. Faisons face avec ceux des FF. qui comme F.BARDOT croient à la réalité de notre quête. Le découragement ne doit atteindre aucun cherchant. Notre avenir est à la G.L.N.F. dans la spiritualité et la Joie.

 

                                                                            CORTO M.

 

 

UN AVENIR POUR LA GLNF ?

 

 

CAUSES DE LA CRISE – CONDITIONS D’UNE RENAISSANCE – ESQUISSE D’UN PROJET
Dans ces murs sacrés, où l'homme aime son prochain, nul traître ne se cache, car nous pardonnons à nos
ennemis. Celui qui n'entend pas cet enseignement ne mérite pas d'être un homme.
Mozart, Sarastro, La Flûte Enchantée, dernier opéra
I - LES VÉRITABLES CAUSES DE LA CRISE
PRELIMINAIRE EN FORME DE PROCESSUS:
une belle idée ne peut qu’entraîner l’adhésion enthousiaste d’un grand nombre de personnes
le grand nombre rend nécessaire une organisation et la mise en place d’une institution
l’institution doit alors avoir recours à des administrateurs compétents
l’administration, qui oeuvre dans le domaine profane – finances, organigramme – devient primordiale la partie profane de l’institution, vitale, prend donc le pas sur la partie sacrée, l’idée – projet les spiritualistes sont alors dépossédés de leur prééminence au profit des hommes du matérialisme
les hommes de pouvoir prennent la tête de l’institution et s’entourent de leurs semblables
les préoccupations profanes s’imposent aux aspirations spirituelles : la Quantité règne
les dirigeants s’identifient à l’institution dont l’avenir, dès lors, est identifié au leur
les règles de l’institution sont modifiées dans le sens de l’étendue et la pérennisation du pouvoir
la raison d’état – défendre l’institution, identifiée à ses chefs – remplace la poursuite de l’idéal
l’institution devient une entreprise profane sous alibi spirituel
l’institution et ses chefs commencent à poser des actes en contradiction avec l’idée initiale…..
1 – LA CONFUSION DES COMPETENCES
Dans un orchestre, l’autorité est le projet commun de jouer la partition.
Le chef d’orchestre ne peut être que le meilleur musicien, reconnu comme tel et qui “fait autorité“
L’administrateur ne saurait avoir le pas sur le chef, sauf à sombrer dans la logique commerciale.
L’administrateur doit demeurer celui qui met en oeuvre les conditions de la réalisation du projet
Depuis 20 ans, les chefs de la GLNF sont des hommes de pouvoir, à simple “vernis“ spirituel.
2 – VANITE, IGNORANCE, FANATISME
+ Ignorance
- Un cursus aberrant. À la GLNF, le cursus est : apprenti, compagnon, maître, puis officier provincial
et national ! Institutionnellement, un bref cursus initiatique débouche sur les honneurs administratifs.
Seuls sont soutenus les cursus de perfectionnement contrôlés par le pouvoir.
- Il n’existe aucun contrôle de connaissance pour devenir 2e surveillant, c’est-à-dire “maître des
novices“, l’antichambre du Vénéralat et de toute responsabilité dans l’obédience.
- L’excellence elle-même (et ses loges du même nom) est un moyen de pouvoir, où la qualité
(initiatique) n’est que prétexte à la quantité (de cotisants et affidés).
- La “formation“ est confiée à des responsables dont le premier critère de nomination est
l’appartenance à la caste aux commandes.
- L’absence de clarté conceptuelle et la vacuité de la pensée permettent l’utilisation de grands mots creux au service d’une communication – propagande officielle en trompe-l’oeil spirituel.
- La référence flatteuse aux bâtisseurs de cathédrales masque la méconnaissance des courants de pensée dont nous sommes issus: art de la mémoire pour les rites anglo-saxons, néo-platonisme pour les latins
- Les notions de GADLU, Tradition, régularité, transmission, spiritualité ( ?!) et même, simplement, d’initiation demeurent dans le flou convenu de leur revendication, identitaire et incantatoire.
Ce sont pourtant elles qui doivent présider à l’ossature de notre institution, et, partant, à la définition de notre spécificité comme de notre éventuelle communication.
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- Cette dernière n’a été, depuis 20 ans, que vaine agitation vaniteuse et bavarde, nos rares apparitions sur des plateaux de media demeurant pitoyables quand elles n’étaient pas grotesques et humiliantes. L’ignorance est soeur de la vanité.
+ Vanité – fanatisme
- De la sobriété. L’ignorance satisfaite a pour corollaire le culte du paraître, sorte de syndrome du “parvenu spirituel“ auto-proclamé. Ainsi de ces titres et colifichets qui transforment la GLNF en armée sud américaine, et ses caporauxgénéraux en sapins de Noël !
Les dîners des dames deviennent presque une insulte aux compagnes, reléguées elles aussi dans le domaine exclusif du paraître, au cours de coûteux repas mondains d’admiration mutuelle.
Les vertus que suppose la spiritualité revendiquée – sobriété, simplicité, frugalité, égalité, dignité
etc – ont le plus souvent disparu de ces manifestations mondaines de prestige.
Ces dernières sont cause de scandale et de ridicule. Elles constituent un contre - témoignage interne etexterne permanent, très éloigné de la chaleur d’une convivialité fraternelle qui exclut paraître et vulgarité.
- De l’ancienneté. Une organisation et un pouvoir fondés sur la vanité ont pour conséquence
immédiate la promotion des incompétents. Choisis pour leur inféodation, ou pour les y amener, ces derniers manquent de la connaissance et de l’expérience que confère l’ancienneté.
Les dirigeants de la GLNF, depuis une vingtaine d’année, nomment des frères dont la matricule
désigne la jeunesse maçonnique.
Il ne peut pourtant pas exister d’institution de tradition qui mette des blancs-becs en situation de
transmission et des novices en situation de responsabilité humaine.
Devenir GMP avant 10 ou 15 ans d’ancienneté, dans une institution qui compte des centaines de grands maçons expérimentés et compétents en maints domaines, en dit long sur les motivations de ceux qui les nomment.
Devenir Grand Inspecteur parce que l’on est le vieux copain porte valise du Grand Maître correspond  nommer Cardinal le cuisinier du Pape !
Devenir RF ou TRF en deux ou trois ans en fonction de la carte de visite ou du compte en banque fut le début de la profanation du temple en marche depuis ces vingt années-là.
Sans parler de la brutalité arrogante avec laquelle des apparatchiks parvenus ont traité de vieux
maçons dont ils ne sont pas dignes de baiser les pieds.
- De la notion de service. Une élite n’a de légitimité qu’au service des autres. Cela vaut pour la Franc- Maçonnerie entière, pour chaque frère et pour les “dignitaires“ de l’Institution. Toute autre conduite est profanation.
- Du respect des lois. C’est toujours la manipulation des règles par ceux qui en sont garants qui est le début du pourrissement d’une institution.
À la GLNF, le mouvement n’a fait que s’accentuer depuis 20 ans, et il faudrait un livre entier pour en énumérer toutes les manifestations : passe-droit, usurpations, entorses diverses, copinages….
CONCLUSION : Nous avons tenté, maladroitement et de manière incomplète, de décrire les causes de la crise actuelle, ou, mieux, le lent processus de “pourrissement par la tête“, initié (!) il y a de nombreuses années par les pratiques et préoccupations ô combien profanes d’un petit nombre de responsables.
Une question demeure : pourquoi sommes-nous passés du “c’est une révolte“, au “non, Sire, c’est une révolution“ ? Qu’est-ce qui a fait basculer la majorité des frères du mécontentement résigné à la révolte active, et de la critique du système au rejet passionnel et personnalisé ?
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Ici, comme dans la vie des peuples, l’explication est simple : les comportements contestables des dirigeants sont tolérés tant que ne s’y ajoute pas l’arrogance. Quand les hommes au pouvoir dans l’institution, oubliant qu’ils ne sont que cela, prétendent de surcroît se proclamer chefs spirituels incarnant l’idée, les “gouvernés“, atteints dans leur coeur et non plus dans leur
seule raison, passent de l’opposition critique au rejet viscéral, de la mise en cause d’un système à la détestation de celui qui l’incarne, de la révolte à la révolution. Ils passent de l’état de floués intellectuels à celui de violés moraux.
Essayez-donc de raisonner un troupeau de bisons qui vous charge, ou de lui faire un procès !
Un tel mouvement est irrépressible et irréversible.
Peut-on néanmoins refonder, reconstruire, repartir ? Quelles sont les conditions d’une Renaissance de la GLNF ?
II – LES CONDITIONS D’UNE REFONDATION
Disons-le tout de suite :
1 – Les batailles juridiques – inévitables - ne mèneront à rien de positif.
2 – Les règlements intérieurs, nouveaux statuts, ou débats infinis sur la liberté de chaque loge, et la recherche d’institutions nouvelles prévenant les abus de pouvoir – nécessaires - ne changeront rien : aucune institution ne pourra jamais garantir l’honnêteté intellectuelle de ceux qui en sont responsables.
Ce qui vaut dans le gouvernement des peuples et dans le monde des affaires, vaut également pour la GLNF.
Les règlements et lois ne changent pas les hommes. Chacun doit se changer lui-même : c’est le but et la spécificité de la Franc-Maçonnerie de Tradition, “si tu veux changer le monde, change-toi !“
3 – Nous devons choisir entre le schisme et la refondation.
La refondation d’un groupe où s’opposent deux factions n’est possible que si aucune des factions ne triomphe, si aucun des chefs ne peut revendiquer la victoire, prendre ou garder le pouvoir, avec les conséquences habituelles de tels dénouements de crise : ressentiments, vengeances, épurations, humiliations..
La refondation ne trouvera son “moteur“ que dans la refonte des factions autour d’un projet suffisamment fort pour que les nouveaux règlements et statuts en découlent au lieu de le précéder.
Ceci étant dit, notre renaissance devra reposer sur quatre grands piliers :
- LA FRATERNITE : encore faut-il la comprendre en initié.
- “Nous avons confondu la cathédrale avec la somme des pierres. Nous avons glissé de l’Humanité qui reposait sur l’Homme, vers cette termitière qui repose sur la somme des individus.
Le partage n’assure pas la fraternité. Elle se noue dans le don commun à plus vaste que soi.“
(Saint Exupéry, Pilote de guerre)
La fraternité maçonnique naît dans notre pèlerinage commun.
- LE SACRIFICE : il est consubstantiel à la Fraternité, à nos serments, à la sacralité de notre démarche.
(Même source littéraire) :
“Sacrifice ne signifie ni amputation ni pénitence.
Il est un don de soi-même à l’Etre (= l’idéal, NDLA) dont on prétendra se réclamer.
Celui-là comprendra ce qu’est un domaine qui lui aura sacrifié une part de soi, qui aura lutté pour le sauver, et peiné pour l’embellir. Alors lui viendra l’amour du domaine.
Un domaine (la GLNF) n’est pas la somme des intérêts, là est l’erreur. Il est la somme des dons. “
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- LE PARDON : ici encore, écoutons une grande voix, celle de Mozart dans “la Clémence de Titus“,
l’opéra qu’il écrivit juste avant la Flûte :
“Si pour régner, Divinités amies, il faut un coeur sévère, ôtez-moi l'empire, ou donnez-moi un autre coeur. Si, par l'amour, je ne m'assure point la fidélité de mes sujets, je ne veux point d'une fidélité qui soit dictée par la peur. » De la perfidie des autres, ou de ma clémence, nous verrons laquelle l'emportera.
Je n'ai pas changé…… sachant tout, je pardonne tout, j'oublie tout.
Il n’y aura pas de refondation sans pardon.
Il n’y aura de reconstruction que sur un chantier où travailleront ensemble les membres des deux
anciennes factions.
Pour y parvenir, seuls les chefs des anciennes factions devront abandonner leurs prérogatives.
Mais cela doit se faire sans humiliation, sans haine : le sacrifice de la vanité de leur titre peut seul les qualifier pour reprendre une place sur le chantier, dans l’humble fierté du travail.
Toute solution de schisme marquerait chacune des deux entités d’une tare originelle de nonfraternité, et, par là, condamnerait leur avenir à celui d’un énième groupe identitaire auto
satisfait : c’est nous les vrais !
- LE PROJET :
Etre tenté, c’est être tenté, quand l’Esprit dort, de céder aux raisons de l’intelligence. (S.E.)
La refondation s’appuiera sur un projet.
Un projet n’est pas un programme : les démocraties modernes meurent de l’oublier !
Le programme ne peut être que la mise en oeuvre d’un projet.
Le projet, pour nous, ne peut être que la restauration de notre idéal à partir de la reformulation de ses fondamentaux.
Le projet d’une obédience initiatique de tradition ne peut être que la redécouverte du Dépôt
qu’elle a reçu et qui la fonde, le souci de qualification des maîtres qui la détiennent et la mise en
oeuvre de la transmission de cette tradition à des hommes de qualité, qui pourront en faire
bénéficier leurs semblables par leur conduite en société.
Toute Renaissance d’un groupe, d’une nation, d’une civilisation, suppose, comme pour l’initié :
- une redécouverte de ses fondements humanistes et spirituels : centration sur soi (connaissance de soi)
- une redéfinition de ce qui est reçu et de ce qu’on peut offrir : décentration sur l’autre
- une reformulation actualisée dans le temps du projet spécifique du groupe et de son apport à
l’aventure de l’humanité : sur – centration sur plus grand.
Pour une obédience maçonnique de Tradition, l’élaboration du projet devra donc viser d’emblée sa dimension pneumatique, domaine de l’Esprit et du Souffle.
Le Projet d’un groupe comme la GLNF doit répondre aux questions existentielles de l’individu :
- qui suis-je ? : qu’est-ce, en 2011, qu’un ordre initiatique symbolique ? A quoi ça sert ? en quoi
la FM de Tradition complète-t-elle ce que d’autres obédiences apportent déjà, etc
- d’où viens-je ? : quelle est, en occident, l’histoire de la pensée initiatique, ésotérique et
symbolique.
- où vais-je ? : en quoi cette Maçonnerie spécifique peut-elle apporter quelque chose à l’homme
du 21e siècle, au plan individuel comme à celui de l’humanité.
Comment apporter notre pierre, généreusement et sans suffisance ?
Il serait maintenant trop facile de s’arrêter ici, et de s’en tenir à l’énumération des causes de la crise, comme à l’exposé des conditions d’une refondation.
Mais il y aurait une vanité incommensurable à penser pouvoir seul proposer un projet.
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Tout au plus est-il possible ici de situer, une fois encore, la Franc-Maçonnerie régulière et de Tradition dans l’espace spirituel de ce début de siècle, et d’esquisser quelques pistes pour l’élaboration d’un projet refondateur.
III – ESQUISSE DE PROJET
Il doit d’abord être dit que la Franc-Maçonnerie régulière et Traditionnelle, faisant référence à un Grand Architecte de l’Univers qui n’est pas pour elle un symbole mais induit un “sens“ à la Création, n’a de leçons à donner à personne. Pas plus qu’elle ne peut prétendre à quelqu’ exclusivité de réalisation spirituelle.
Différente d’autres voies maçonniques, elle ne saurait se prévaloir d’aucune supériorité, et doit accepter de travailler humblement et fraternellement avec tous ceux qui reconnaissent comme transcendance universelle la dignité de l’homme.
Sa vanité identitaire lui a déjà fait beaucoup de mal. La réalisation spirituelle ne doit rien à la méthode Coué.
1 - L’INITIATION REGULIERE A POUR SPECIFICITE ET FONDEMENT DE RAPPELER QUE CE N’EST QU’EN SE CHANGEANT SOI-MEME QUE L’ON PEUT CHANGER LE MONDE.
On a cru, et l’on semble toujours croire que l’on pouvait changer le monde en changeant les autres ou en les contraignant à la vertu par la loi ! Il ne reste des espérances trompées du siècle dernier que le scepticisme des hommes, … et leur refuge dans le matérialisme, l’individualisme et l’hédonisme.
Aucune constitution politique ne garantit l’honnêteté intellectuelle de ceux qui en sont responsables, aucune loi ne fait naître la vertu dans l’esprit des citoyens.
La Franc – Maçonnerie Traditionnelle et régulière rappelle que la connaissance de soi est le
fondement de toute réalisation spirituelle et suggère : “si tu veux changer le monde, change-toi“.
L’initiation maçonnique traditionnelle est donc une « méthode » mise à la disposition de ses adeptes pour que chacun trouve la voie de sa réalisation (Werde wer du bist, Deviens qui tu es), hors des dogmes et des systèmes, et au sein d’une fraternité née d’un commun pèlerinage.
La Sagesse que cherche le Maçon de Tradition est celle de Salomon : purifié par un quotidien travail sur soi, l’initié tente de reconnaître le plan du Grand Architecte sur sa création, pour tenter d’y collaborer.
L’homme résumant en lui l’univers, Esprit, Ame et Corps (Eckhart), c’est en lui que se joue le sort de la création, à l’accomplissement de quoi l’initié est convié.
Le domaine de l’initiation de Tradition est celui de l’intelligence contemplative et du mystère :
“Le mystère est la substance de ce qu'on ne voit pas », «une chose obscure en elle-même et qui
éclaire tout le reste, une invisible source de lumière à laquelle s'expose l'intelligence contemplative“.
(J Guitton)
2 – L’INITIATION TRADITIONNELLE ET REGULIERE CONTRIBUE A PROMOUVOIR UNE MORALE UNIVERSELLE FONDEE
SUR LA DIGNITE DE L’HUMAIN
L’avenir de l’humanité dépend de la réunion de tous ceux qui mettent au centre de leurs
préoccupations la Dignité Humaine.
Les spiritualistes modérés et non dogmatiques, que sont les maçons réguliers, et les adeptes non intégristes des religions révélées le font en référence à un Créateur transcendant, qui fit l’homme à son image.
Mais les humanistes agnostiques et toutes les obédiences maçonniques ont la même
préoccupation, et font de cette dignité une véritable transcendance universelle.
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L’initiation permet de révéler en chacun ce qui lui est le plus personnel et spécifique, le plus
mystérieux, et de prendre conscience que c’est ce fonds-là, unique, qui le relie aux autres et fonde la fraternité. Alors, la morale n’est pas acceptation d’une loi comme telle, mais accès à un niveau de conscience qui induit par évidence un comportement humaniste : une éthique
Si les hommes n'étaient pas en quelque façon des dieux, ils ne seraient pas des hommes. Il faut
supposer en eux quelque chose de sacré ou bien accepter de les réduire à l'animalité. » (Luc Ferry)
3 – L’INITIATION TRADITIONNELLE ET REGULIERE APPORTE UNE CONTRIBUTION SPECIFIQUE A LA PROMOTION DE LA TOLERANCE SPIRITUELLE ET RELIGIEUSE
Comment vivre la pluralité des vérités ?
Toute démarche humaniste ne peut que vouloir conserver la richesse des diversités des cultures, non seulement pour respecter la dignité de ceux qui la partagent, mais aussi parce chaque culture fait partie de l’inaliénable patrimoine commun de l’humanité entière.
L’Initiation par la Maçonnerie Traditionnelle et Régulière propose une voie de réalisation personnelle au sein de et par une fraternité. Elle repose sur cette évidence essentielle que, pour réaliser mon unité, l’expérience de l’autre me manque. Elle est projet commun de la réalisation de chacun. Elle suggère à l’adepte que c’est en puisant dans son terreau natif qu’il peut croître et atteindre à l’universel. Seul l’arbre dont le tronc est solide et les racines profondes peut étendre ses ramures aux confins du ciel.
A l’heure des intégrismes et fanatismes, le dialogue entre les religions et la Franc-Maçonnerie
Traditionnelle et régulière peut devenir essentiel :
La Maçonnerie peut aider la religion à ne pas demeurer identitaire. Elle l’incitera à ne pas prendre sa vérité, qui illumine légitimement la vie de ses fidèles, pour la Vérité, qui rejette celle des autres dans l’erreur et l’obscurité.
Elle apprendra à chacun à écouter la musique de l’autre, et, grâce aux symboles, à communiquer de coeur à coeur et d’âme à âme.
Elle verra dans toute différence une occasion de connaissance nouvelle.
La religion aidera de son côté la maçonnerie à ne pas être une pseudo-spiritualité sans contraintes, où une connaissance intellectuelle doublée de quelques rites tiendrait lieu de transcendance, où une logorrhée convenue tiendrait lieu de pensée, et où des ambitions humaines avanceraient masquées sous l’étendard de la spiritualité.
4 – L’INITIATION TRADITIONNELLE ET REGULIERE PERMET DE REINTEGRER L’IMAGINATION DANS LA VIE DE L’ESPRIT
Le domaine initiatique commence là où s’arrêtent philosophie et science : à la porte du mystère.
Le monde profane de notre temps, officiellement rationnel, refuse au mystère la place qui devrait lui revenir, ne serait-ce que parce qu’il est la substance des deux interrogations principales de chacun, l’Amour et la Mort.
Le corollaire de tout cela est que mystère et imagination, étant bannis de notre vie de l’esprit, s’y
invitent de force sous les formes les plus extravagantes, donnant naissance aux pires stupidités, de l’astrologie aux sectes.
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L’initiation permet de dépasser la dualité foi et raison, imagination et science.
Le symbolisme du Rituel initiatique révèle les vérités accessibles à l’intelligence contemplative. Il
met le myste en posture d’admiration : “ Admirer c'est sortir de soi, c'est exploser vers l'autre, non pour se perdre, mais pour se réaliser, c'est connaître et aimer à la fois, c'est-à-dire contempler. Je ne puis me réaliser moi-même qu'en admirant, c'est-à-dire en donnant sans cesse la meilleure réplique du modèle que je choisis continuellement et qui m'exprime mieux que moi-même. Au point de rencontre du Vrai, du Bien et du Beau, l'admiration est ce qui les unit et leur donne vie en moi : elle est le vrai principe de cette imitation par laquelle, toujours plus librement, je m'invente moi-même.
(Jean Lacroix)
5 – L’INITIATION SYMBOLQUE PROMEUT L’ART COMME LANGAGE UNIVERSEL ET LE PARTAGE RITUELIQUE COMME PAROLE DE COMMUNION.
Depuis l’époque où Platon dénonçait les sophistes, l’homme a organisé l’incompréhension par le Discours, à partir de ce dogme : si c’est logique, c’est sans doute vrai !
Or, les techniques de communication montrent chaque jour que c’est l’imaginaire qui submerge la réalité rationnelle !
L’initiation rituélique au sein d’une fraternité de pèlerinage spirituel fait émerger une communication, un sens, au-delà des mots. C’est l’accès à la poésie de l’âme, le moyen d’entendre la musique de l’autre plus que ses paroles.
Comme les poètes et par leurs rituels, les maçons cherchent moins à comprendre comment le monde est fait et comment il fonctionne, qu'à épouser son élan interne, la force mystérieuse et l'élan vital qui l'ont fait surgir hors du néant et qui l'y maintiennent: « A l'origine était la Parole. »
Nous sentons alors qu'une corde secrète est touchée, qui vibre au-dedans de nous dans la région profonde où nous sommes accordés à l'harmonie du monde et à notre plus décisive destination. Jamais un exposé scientifique, quelle que soit la clarté qui s'en dégage, n'a cette qualité d'illumination

6 – L’INITIATION TRADITIONNELLE ET REGULIERE MET EN EVIDENCE LA CONTRADICTION RADICALE ENTRE L’AFFIRMATION DE LA PERSONNEET LA GLORIFICATION DU MOI.
Comme le disait notre frère du Grand Orient, le Professeur Bruno Etienne, “ L'erreur fatale de la
post-modernité tient à la confusion entre l'individualisme et l'individuation. “
La dérive de notre monde, où l’idolâtrie remplace la quête de la vérité et où la recherche du bonheur s’est pervertie en hédonisme et pseudo libération des désirs, a quatre causes, dont les trois premières ne sont plus à développer :
1 - La glorification de la personne. 2 - L’angoisse de la mort et le divertissement “pascalien“.
3 - La fabrication artificielle de besoins et désirs – publicité, consommation.
4 – Mais, avec la quatrième raison, LA CONFUSION ENTRE PERFECTION ET PLENITUDE, on aborde un domaine où l’initiation a quelque chose d’original à dire.
Le monde occidental, monde de la logique et du binaire, monde de la dualité, propose en tout des schémas du tout ou rien. Capitaliste ou collectiviste, croyant ou athée, de droite ou de

gauche, sauvés ou damnés, nous devrions en outre n’avoir d’autre choix que d’être parfait pour ne pas être infâme !!
L’initiation Traditionnelle et Régulière propose à chacun une méthode pour intégrer sa part d’ombre, pour dominer ses passions sans les supprimer, car elles sont notre moteur, pour atteindre un idéal de sérénité active. L’Initiation enseigne que l’acceptation de notre finitude est la condition de notre plénitude et de cette sérénité.
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7 – L’INITIATION TRADITIONNELLE ET REGULIERE CONTRIBUE A FAVORISER L’EMERGENCE D’UNE METAPHYSIQUE EN HARMONIE AVEC L’EVOLUTION DE LA SCIENCE CONTEMPORAINE.
La Relativité, Gödel, la physique quantique, l’astrophysique et les théories nouvelles sur la matière, l’enterrement du déterminisme ou le “réglage“ des constantes de l’univers ont rendu le hasard tout aussi incertain que le Créateur, comme origine de l’Univers
Le mystère revient. Un nouvel hermétisme, poétique, se fait jour :
« Le temps dans l’espace a permis à la matière de faire germer l’esprit… L’univers a donné
naissance à l’homme, et l’homme a donné un sens à l’univers et à sa vie. La mutation spirituelle n’a pu se réaliser qu’à partir du monde matériel, parce que l’esprit n’a pu jaillir que de la matière.
L’homme est la seule et unique finalité de l’univers, et il lui reste à en prendre conscience par
l’initiation . …. La science contemporaine laisse ouverte à la foi [de l’homme, l’approche d’un créateur qui ] a infusé de manière indissoluble sa présence dans la matière, puis s’est cristallisé dans l’espèce humaine dans laquelle il a mis tous ses espoirs en lui donnant, en même temps, la logique, la foi, la conscience et la liberté…. L’homme ne pouvait manquer son rendez-vous avec Dieu,ce rendez-vous était en gestation dans l’univers depuis toujours. » (J D C)
La Franc-Maçonnerie Traditionnelle et Régulière, qui a toujours lié foi et raison, a quelque chose de spécifique a apporter. Ses membres ne peuvent ignorer les avancées de la science.
Son institution doit entretenir des rapports d’échange avec les grands savants et grands philosophes de notre temps : nous avons besoin de leur savoir, notre démarche ne peut que nourrir leur recherche et ils ont besoin de notre soutien comme de notre auditoire.
8 – L’INITIATION TRADITIONNELLE ET REGULIERE TRADITIONNELLE ET REGULIERE DOIT PERMETTRE A SES ADEPTES DE REVISITER LE CONCEPT DE VERITE.
– Il essentiel de distinguer la foi, qui est espérance d’un amour, tension vers une transcendance pressentie et désirée, de la croyance, choix bien arrêté de ce qui constitue alors pour un homme sa Vérité identitaire.

– Il est réaliste de convenir que la Vérité, ici bas, se confond avec sa quête, et que celle-ci ne peut être authentique et sereine que dans la certitude acceptée de ne jamais y aboutir complètement !
– Il ne faut pas pour autant mépriser les vérités des révélations : elles sont des joyaux du patrimoine de l’humanité cherchante, et elles constituent pour ceux qui les vivent joyeusement, sereinement, honnêtement et jusqu’en leur fond, un chemin particulier qui mène à l’universel.
-L’arbre qui veut que sa ramure s’étende à l’immensité du ciel doit avoir des racines profondes et un tronc solide : seuls les gens de convictions étayées, bien dans leur maison, sont capables de cette hospitalité de l’esprit que Goethe nomme tolérance.
– La découverte des vérités de l’autre, à travers la musique de son être, et non de ses paroles, est la condition de notre réalisation propre. La musique de l’autre est représentation de son mystère !
– Les rites et les oeuvres d’art issus des voies religieuses de chacun, partagés dans l’échange fraternel, sont le chemin de la fraternité, qu’empruntent rarement les théologies ou exégèses confessionnelles. Cheminer en fraternité vers la réalisation spirituelle, c’est d’abord écouter la musique de l’autre, et, grâce aux symboles, communiquer de coeur à coeur et d’âme à âme.
– La seule transcendance universelle qui échappe aux tentations des fanatismes identitaires est celle de la dignité de l’homme, que chacun de nous la fonde sur des considérations humanistes ou religieuses. *
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Il y aurait beaucoup à dire encore, comme des actions concrètes que la GLNF peut mener dans le monde des idées, dans celui de l’art, ou encore dans ceux de la recherche et de l’enseignement.
Elles seront développées en leur temps, si les circonstances sont favorables. Pour l’heure, ce petit manifeste se terminera en rappelant deux publications précédentes.
La première est intitulée la “Foi Maçonnique“, en référence à une Maçonnerie où la Foi, qui n’est pas la Croyance tient une place importante :
La Foi Maçonnique est d’abord fidélité aux serments et aux engagements qui, par l’Ordre, nous lient à nos frères. C’est la fidélité qui crée l’amour, et non l’inverse.(1)
Fondée sur l’espérance d’un amour, acquiescement à la transcendance, elle est le OUI qui permet à l’initié de passer de la vie passive à la vie active. Car la foi est aussi aventure de l’esprit. Elle n’est pas possession de croyances identitaires et figées.
La Foi Maçonnique est notre élan quotidien vers le Bien, le Beau et le Vrai.
L’intelligence contemplative du Maçon, faite de raison et d’intuition symbolique, rejoint la révélation pour appréhender la présence de l’Esprit, infusé dès l’origine dans la matière.
Aux initiés d’acquérir la Sagesse que Salomon demanda au Créateur, et qui n’est autre que la capacité d’entrer dans Ses desseins pour participer à l’achèvement de l’Oeuvre.
La Foi Maçonnique est enfin l’enthousiasme commun d’une fraternité de pèlerinage. Elle se fonde sur la confiance en l’autre. Elle suppose la connaissance du maître qui transmet et la qualification de l’apprenti qui reçoit. C’est la Foi qui confère l’auctoritas, ou capacité de faire grandir. C’est elle qui possède la vertu de transmettre, en faisant de celui qu’elle habite un modèle d’être et d’agir. La Franc-Maçonnerie traditionnelle et régulière est riche de tout cela. Son fondement est la Foi Maçonnique que l’on peut définir comme une jubilation spirituelle partagée et active. La seconde réunit les caractères communs à la conversion des initiés, des sages ou des mystiques :
- L’humilité n’est pas alors hypocrisie convenue, elle est prise de conscience de ma place dans l’univers et n’exclut ni la fierté ni la dignité.
- Le détachement des richesses n’est pas sacrifice mais désir de liberté.
- Le mépris des honneurs n’est pas mortification mais humour .
- La tolérance n’est pas une violence que l’on se fait mais une bienveillance que l’on offre, une hospitalité de l’esprit.
- La compassion n’est pas une loi religieuse, mais la reconnaissance de l’autre en moi.
- La chasteté n’est pas alors castration volontaire. Elle est l’état physique qui correspond à une
spiritualisation de l’initié. Elle peut se vivre dans l’Amour charnel.
- L’innocence n’est pas niaiserie mais émerveillement
- La douceur n’est pas faiblesse mais sérénité.
- Le silence n’est pas mutisme mais contemplation
- La fraternité n’est pas un havre mais une aventure spirituelle partagée
- La prière n’est pas demande mais participation.
- Le langage n’est pas discours mais musique.
- La beauté n’est pas idole mais icône.
- Le devoir n’est pas obligation mais évidence.
- La miséricorde n’est pas défaite mais espérance.
- La responsabilité n’est pas pouvoir mais service
- La réalisation de soi n’est pas perfection mais plénitude.
- Le bonheur n’est pas jouissance mais harmonie.
“ le jour à présent se lève ! J’ai guetté, j’ai surpris son approche,
et ce que j’ai vu, le divin, que ce soit ma parole“ (und was ich sah, das Heilige, sei mein Wort)
Friedrich HÖLDERLIN
                                                   

                                                                             Francis BARDOT, février 2011

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