GLNF. . Zéro pointé pour le Grand Conseil

Publié le par Rabelais

GLNF. Grand Conseil. Zéro pointé pour sa première copie ?

 

Les critiques pleuvent sur le premier communiqué publié le 9 septembre 2011 par le nouveau Grand Conseil de la Grande Loge Nationale Française (GLNF). Il traite de la régularité et de la reconnaissance internationale. Sujet sensible au lendemain de la confirmation par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) de la suspension de ses relations avec la GLNF. Un Haut dignitaire d’une Grande Loge Régulière d’Europe, un homme d’expérience sur la scène internationale, nous a envoyé ses réflexions à la lecture de ce communiqué (que l’on peut lire ici : Grand Conseil Régularité 09.09.2011). Je vous livre ci-dessous l’intégralité de son analyse. Document.

Je suis frappé à la lecture de cette première communication du Grand Conseil de la GLNF par la méconnaissance de certains principes et usages internationaux, voire par la manière orientée de présenter les choses.

Voici quatre exemples selon moi les plus significatifs :

1. « Pour qu’une Grande Loge soit reconnue internationalement, il faut et suffit qu’elle le soit par trois autres Grandes Loges régulières. » C’est FAUX !

Il faut certes distinguer régularité et reconnaissance.

Mais il y a deux exigences de régularité : la régularité d’origine et la régularité de « fonctionnement ».

Pour la régularité d’origine, elle peut être acquise de deux manières :

-         Soit la Grande Loge est fondée par au moins trois loges régulières. C’est-à-dire issues d’une Grande Loge régulière, avec leur patente obtenue régulièrement.

-         Soit être consacrée par une Grande Loge régulière. Au départ, le plus souvent, cela se traduit par la création d’un District avec au moins trois loges.

La régularité de fonctionnement est tout aussi importante et essentielle, car permanente. Elle est consacrée par le respect des landmarks (qui consacrent les principes de gouvernance, de fonctionnement des instances, de respect des valeurs maçonniques,  de non-intervention dans les débats de société, etc…).  C’est d’ailleurs sur cette base que des Grandes Loges ont suspendu leurs relations avec la GLNF. Et qu’il existe des risques réels de retrait de reconnaissance.

Il est d’ailleurs étonnant que La Direction actuelle de la GLNF ne relève que les critiques relatives à la disharmonie (interne) et ne mesure pas que c’est le doute croissant quant au respect des landmarks qui ont avant tout justifié les suspensions de relations.

En ce qui concerne la reconnaissance par trois Grandes Loges, ce principe n’est consacré nulle part ! C’est de l’invention pure.

Le seul endroit où cela est mentionné, c’est au sein de la Conférence des Grands Maîtres Européens , où ce chiffre (qui avait d’ailleurs fait l’objet de discussions) a été arrêté. Mais il ne s’agit que d’un critère d’admission à une conférence, démunie volontairement de pouvoirs décisionnels, et qui reste parfaitement libre de revoir ses règles de fonctionnement. Il ne faut donc pas mélanger les concepts.

2. La suspension des relations avec la GLNF est-elle provisoire ?

Il est vraiment surprenant de voir à quel point ce Grand Conseil ose –et avec quel aplomb !- insister sur l’aspect « provisoire » des suspensions de relations. Les propos surréalistes qui ont entouré une soi-disant non confirmation le 14 septembre par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) en est une illustration supplémentaire. Cela traduit un manque total de capacité d’interprétation (ou de volonté ?). Ces suspensions sont en réalité «  un stade ultime – imminent ?-  avant le retrait définitif de reconnaissance ». C’est d’ailleurs ce même manque de vision qui a conduit la direction actuelle de la GLNF à n’accorder aucune considération à la suspension des relations par le groupe des Grandes Loges limitrophes (Belgique, Suisse, Allemagne, Autriche, Luxembourg). Alors que c’était un signal fort de la communauté internationale appelant à un sursaut afin d’éviter une cascade… qui s’est inévitablement produite (bloc Angleterre-Ecosse-Irlande ; Etats clés aux USA, bloc scandinave, etc…).

3. Un comportement surnaturel vis-à-vis de la GLUA

Pour tout ceux qui connaissent la GLUA (et pour des dirigeants d’une Obédience presque centenaire ce devrait être le cas ! ), il est étonnant de lire dans le communiqué si largement diffusé du Grand Conseil de la GLNF des propos ou des intentions de la GLUA, des allusions à des rencontres bilatérales,…

De par son poids moral et sa culture, cette Obédience prestigieuse (la GLUA), plus que toute autre, est en effet attachée à son devoir de réserve et à la confidentialité de ses échanges bilatéraux. Cette manière de faire de la direction de la GLNF est sans aucun doute dévastatrice pour son crédit. Et cela s’ajoute à la suspension des relations avec la GLUA par la GLNF [le 21 juillet, antidatée au 14 jullet 2011], qui demeure la plus grande plaisanterie de tous les temps ! Quoi que la lettre au Duc de Kent ne soit pas mal non plus dans le genre…

Les dirigeants de la GLNF ont déjà usé d’une technique similaire (prêter des propos ou des intentions) ‑et aujourd’hui bien connue sur la scène internationale !- aux dépens de Thomas Jackson (secrétaire de la Conférence Internationale des Grandes Loges Régulières) ou plus récemment des Grands Maîtres Africains. Pourtant, à chaque fois, la vérité éclate très vite et la crédibilité des dirigeants de la GLNF s’en trouve plus profondément entamée.

4. Le thèse du complot des Hauts Grades

S’il est exact que toute initiative de création d’une nouvelle Grande Loge devra respecter ‑et cela sera scrupuleusement vérifié- les  règles et principes de totale indépendance et de non ingérence (entre Hauts Grades et Loges Bleues), au risque de n’obtenir ni régularité ni reconnaissance, aujourd’hui, le problème se pose en d’autres termes.

En effet, dans chaque pays, Hauts grades et Grande Loge forment, au-delà de leur stricte autonomie, une « communauté de vie, une communauté de maçons réguliers ». Leurs destins sont en partie liés, leurs valeurs souvent communes. Or, ici, c’est bien cette « communauté toute entière qui est en pleine crise, en pleine détresse ». Les actes de solidarités, de partage, de réflexion, de mobilisation entre la majorité des frères de la GLNF (qu’ils ne fréquentent qu’une Loge Bleue ou qu’ils participent aussi à un atelier de Haut Grade) sont humainement aisément compréhensibles. Ils sont totalement compris comme tels au niveau international.

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