La Justice de la République prend la direction de la GLNF

Publié le par Rabelais

 

FLASH EXCLUSIF. La Justice de la République prend la direction de la GLNF

Dans une ordonnance rendue ce matin, le Tribunal de Grande instance de Paris a désigné Maître Monique LEGRAND, administrateur judiciaire, en qualité d’administrateur ad hoc de la Grande Loge nationale française (GLNF), deuxième obédience en France avec 43 000 frères. Le mission de l’administrateur judiciaire est prévue pour une durée de six mois et cessera dès que des organes de direction de la GLNF auront été désignés. Cette ordonnance a été obtenue aujourd’hui par les avocats de Franc-Maçonnerie Régulière (FMR), association qui regroupe des frères de la GLNF en opposition avec François Stifani depuis décembre 2009.

Selon cette ordonnance, signée, par délégation, par un vice-président du TGI, l’administrateur ad hoc a 5 missions :

1. Administrer la GLNF avec le concours des salariés et prendre toutes mesures dictées par l’urgence ;

2.  Représenter la GLNF dans toutes les procédures judiciaires ;

3. Prendre toutes mesures pour permettre à la GLNF de se doter d’un Président, d’un Conseil d’administration et d’un Bureau ;

4. Convoquer une AG avec à l’ordre du jour l’approbation des comptes 2008-2009, du budget 2010-2011 et la ratification de la désignation du Président par le Souverain Grand Comité ;

5. Se faire communiquer tout document utile, notamment le liste des membres et les pièces comptables.

Maître Monique LEGRAND a donc désormais tout pouvoir pour administrer la GLNF. Il semble donc que cette ordonnance prive de tout pouvoir la direction actuelle de l’obédience autour de François Stifani, qui signait encore hier en tant que Grand Maître un courrier au Souverain Grand Comité.

Cette information est d’autant plus surprenante, que François Stifani donnait le sentiment de conserver la main, grâce à une opération de « dédoublement de personnalité ». Le 21 janvier 2011, il a en effet démissionné de son mandat de Président de la GLNF… tout en affirmant demeurer Grand Maître.  Il souhaitait en fait rester à la tête de l’obédience en tant que Grand Maître, tout en laissant à un mandataire de justice la corvée d’exécuter la décision du 7 décembre 2010 du TGI de Paris (convocation d’une AG avec à l’ordre du jour la révocation du Président). François Stifani affirmait que l’obédience pouvait être dirigée par deux frères : un Grand Maître et un Président-gestionnaire (ce que les statuts de la GLNF ne prévoient pas vraiment). Sa démission se serait donc retournée contre lui.

Le Tribunal de Grande instance s’est en effet appuyé sur la démission de François Stifani pour affirmer qu’il n’est plus nécessaire de mettre à l’ordre du jour de la prochaine AG la révocation du Président et de certains membres du Conseil d’administration, mais que l’AG doit procéder à « la ratification la désignation du Président conformément aux dispositions de l’article 2.3 du règlement intérieur« . Or cet article 2.3 concerne bien la désignation du « candidat à la Grand Maîtrise » et la « ratification de l’Association lors de l’Assemblée Générale« . La justice de la République ne distingue donc pas les fonctions de Grand Maître et de Président.

VOIR ICI LE DOCUMENT : GLNF Ordonnance TGI Paris 24.01.2011

Cela va sans dire (et mieux en le disant), je reviendrai sans doute sur les conséquences de cette nouvelle décision judiciaire et sur les réactions qu’elle ne manquera de susciter.

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