un Frère en colère.

Publié le par Rabelais

Mes Bien Aimés Frères,

 

 

            Notre Obédience traverse une période chaotique où nos fondements même sont sérieusement ébranlés. Cette crise, qui est la plus grave jamais subie par la GLNF depuis sa création en 1913, trouve indéniablement son origine dans une certaine déviance qui a débuté depuis plusieurs années et qui n’a jamais été dénoncée.

Nos précieux règlements nous avaient toujours guidé dans la pratique d’une franche-maçonnerie régulière, éclairée et reconnue comme telle. Avec eux, le travail et l’héritage que nous devons aux générations de maçons qui nous ont précédées, ont été transgressés, bafoués et mis à terre.

L’instauration d’un système laissant si peu de place, dans son fonctionnement, aux vertus maçonniques a trouvé ses limites et certains frères courageux, n’en doutons pas, ont agi en hommes éclairés; ils ont pris sur eux de dénoncer ce système dont la nouvelle orientation leur était devenue insupportable, et y mettre un terme, une nécessité.

La plupart des Grandes Loges Etrangères ont d’ores et déjà rompu toute relation et s’apprêtent, cela est imminent, à ne plus nous reconnaître. Soyons tous conscients que seule la perte de régularité sera alors à l’origine de notre perte de reconnaissance, et aucun autre motif ne pourra être sérieusement invoqué.

Il est à craindre, bien naturellement que cette décision, tellement grave dans ces conséquences, ne soit prononcée de manière définitive. Mes Frères, ne nous leurrons pas, si rien ne change,   dans quelques temps, un mois, deux mois, peut-être trois….notre GLNF ne sera plus ni reconnue, ni régulière et nous n’aurons de maçon que le nom dont nous serons les seuls à bien vouloir nous parer.

En ce mois de Novembre, quelque chose d’important s’est passée à Lyon, la Capitale des Gaules,  le Grand Chapitre Français a élu son Suprême Commandeur.

Seuls les membres de la chambre des grades, les frères Rose-Croix présidents d’atelier et les députés, exprimaient leurs suffrages. Ce sont des Frères qui ont des années et des années de maçonnerie derrière eux, ils ont accompli un certain parcours, et ils avaient pleinement conscience des enjeux. Deux candidats proposaient deux orientations différentes, et c’est bien celui qui s’est présenté comme opposant à la gouvernance actuelle de la GLNF qui a été élu avec une majorité de deux tiers/un tiers. Nous nous autorisons à penser que cela est le juste reflet du courant majoritaire qui règne en ce moment au sein de l’Obédience.

Il faut savoir aussi que le Grand Chapitre Français entretient des relations privilégiées avec de nombreuses Grandes Juridictions Etrangères et là, justement, nous touchons à l’Origine et au But même de notre démarche et de notre Institution, la Fraternité Universelle et le Rayonnement dans le Monde. Par ce vote, l’essentiel a été préservé; ainsi tout Frère digne de ce nom ne pourra que se réjouir du résultat clairement exprimé dans les urnes par des maçons libres et éclairés. Et j’ai particulièrement été fier ce jour là de mon appartenance au GCF; sentiment qui ne m’avait plus été donné de connaître depuis de longs mois au sein de notre Institution. 

Il faut en appeler à un sursaut de la part de tous les maçons qui œuvrent au service de la Vérité et de la Justice, et avant de devenir contemplatif, encore convient-il impérativement d’avoir été actif. La prise de conscience, dont nous sommes chacun susceptible, nous autorisera-t-elle à poursuivre tranquillement notre cheminement avec cette question qui ne nous lâchera jamais : et moi, qu’ai-je fait pour contribuer à la victoire de la Vérité ?

Le Grand Maître actuel démissionnaire achète ses soutiens et il ne s’en cache pas. Nous le savons tous très bien en voyant défiler toutes ces ordonnances de nomination et de radiation.

Que restera-t-il de notre spiritualité lorsque l’on aura accepté passivement cela ?

Se plier à la Loi des honneurs, des décors et du pouvoir dont la seule source se nomme l’ego et l’orgueil, peut-il être l’aboutissement d’une démarche initiatique quelle qu’elle soit en général, et maçonnique régulière en particulier?

De quelle considération ce GM démissionnaire fait-il montre vis-à-vis de ces administrés (je n’oserai pas employer le mot Frère) lorsqu’il pratique sans aucune retenue la politique de la carotte et du bâton ?

Que doit-on réellement penser de ces officiers provinciaux ou nationaux qui, même après la supplique d’un Vénérable Maître, sont incapables d’entrer en Loge sans leurs distinctions auxquelles ils sont si accrochés, préférant sacrifier au bon déroulement d’une tenue et au bonheur de la cérémonie d’avancement d’un jeune Frère particulièrement méritant qui en aura été le seul sanctionné ? Cela vient de se passer à Alès.

Gageons que le moment viendra où le Glaive de la Justice du GADL’U s’exprimera pour libérer nos Temples de ces marchands sans honneur, sans conscience et en tout point indignes des sentiments que l’on a pu un temps partager !!!

Au mois d’Août dernier, le GMP a posé, devant un parterre de Vénérables, de Vénérables élus  et d’OP, une question toute simple: Lequel parmi nous continue-t-il encore  à soutenir FS ? Pas une main ne s’est levée, cela est un fait ! On était alors en droit de le penser, comme il venait de l’annoncer, que ce GMP allait enfin devenir un opposant.

Quelques jours après, il s’est empressé, retournant sa veste, dont il ne sait plus lui-même quel côté est l’endroit, de répondre au sifflement de son maître pour monter à Paris et recevoir les consignes d’une répression encore plus radicale.

On dit bien que le ridicule ne tue pas mais quand même, …… un maçon !!!!

 

Non, monsieur FS, au sein de notre Honorable Institution, la source d’hommes enchaînés aux futiles distinctions humaines et vendant leur âme pour quelques deniers n’est pas intarissable comme vous le pensez, et vous avez déjà puisé dans les réserves !

Le matériel, les métaux, les honneurs sont du domaine du temps et de l’espace.

Le spirituel, quant à lui, n’est pas quantifiable puisqu’il appartient à une dimension intemporelle et immatérielle qui vous, et qui nous, est infiniment supérieure.

 

 

 

                                                                                                          GIBLIM

 

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