Voeux du grand maître

Publié le par Rabelais

 

Je ne cesse d’être surpris par l’extraordinaire capacité de François Stifani, grand maître de la Grande Loge nationale française (GLNF), d’envoyer à ses 33 000 frères des lettres pleine d’amour, alors que la crise fait rage au sein de l’obédience. Il se dit très atteint, blessé, mais cela n’est pas vraiment visible.

LISEZ LA LETTRE DU GRAND MAÎTRE ICI :Lettre FS 30.12.2010

Ce qui me surprend le plus, c’est que la crise de la GLNF qui a éclaté le 4 décembre 2009, et qui paralyse de plus en plus l’obédience, n’est évoquée que de manière quasi subliminale. La lettre de François Stifani est envoyée au lendemain d’une audience judiciaire très importante pour l’avenir de la GLNF. On pouvait donc s’attendre à ce que le grand maître évoque le fait que si, le 5 janvier 2011, la Cour d’appel de Paris n’accède pas à sa demande de levée de l’exécution provisoire de la décision du Tribunal de Paris du 7 décembre 2010, il devra sans délai organiser une AG avec à l’ordre du jour sa propre révocation. Il n’évoque pas d’avantage une information importante révélée par l’un des ses deux avocats hier devant la justice profane : l’appel à ne pas payer ses cotisations, puisque l’adoption du budget a été annulée, connaît un succès inattendu, soit QUINZE fois moins d’encaissement en 2010 qu’en 2009.

Dans sa lettre, François Stifani brandit une carotte. Il annonce solennellement qu’il souhaite la réintégration de la majorité des frères exclus. Depuis décembre 2009 sans doute. Une minorité ne doit donc pas l’être et il s’agit probablement des leaders de la contestation. Cette annonce sera-t-elle suivie d’effet ? Dans quel délai ? Avant l’Assemblée générale que la justice profane lui a demandé d’organiser mais qu’il semble redouter pour lui-même ? Car il sait bien que les frères qui ont été virés à tour de bras, notamment en Val-de-Loire où toute la province a été suspendue, ne seront pas enclin à voter en sa faveur. Cette carotte peut-elle convaincre ? Il est probable que non, après plus d’un an de guerre où les positions des uns comme des autres se sont en fait radicalisées.

François Stifani poursuit son numéro d’équilibriste sur la démocratie. Il affirme que le grand maître n’est pas désigné de manière tyrannique. Et qu’il ne s’agit pas non plus d’une élection démocratique profane…  même si ses règles sont respectées. Une subtilité que je ne comprends pas. Pour moi, une élection est démocratique ou elle ne l’est pas. François Stifani écrit donc aujourd’hui que la GLNF n’applique pas les règles profanes de la démocratie tout en les respectant. Incompréhensible. En 2005, il était plus clair, lorsqu’il me disait que la désignation du grand maître de la GLNF n’est pas démocratique puisqu’il s’agit de « la recherche d’un consensus vers un homme providentiel« .

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article